Zeuzère du Pommier

Zeuzère du Pommier

De son vrai nom Zeuzera pyrina, elle est également appelée « la Zeuzère du pommier », « la Zeuzère du poirier », « la Zeuzère du grenadier », « la Zeuzère du marronnier », voire  « la Coquette ».

Il s’agit d’un grand insecte lépidoptère (papillon de nuit) de la famille des cossidés (Cossidae) dont les ailes sont blanches, décorées de taches bleues noirâtres. Sa chenille xylophage se nourrit du bois des arbres fruitiers, ou décoratifs.

En promenade chez Alexandre, au mas de Lasfons, alors que nous venions le matin même de parler des ravages que cette bestiole pouvait occasionner aux troncs de nos jeunes arbres fruitiers, nous avons eu l’occasion assez exceptionnelle de pouvoir l’observer en train de pondre (photo n° 1) sur un jeune pommier.

Grâce à son organe ovipositeur  (photo n° 2) la femelle peut pondre, au travers de l’écorce, un œuf d’environ un millimètre dans un tronc jeune, ou dans une branche. Chaque femelle peut pondre jusqu’à mille œufs, ce qui en fait un ennemi redoutable pour la flore en général et pour les arbres du verger en particulier !

Quasiment impossible à repérer, le trou d’entrée (photo n° 3) n’attire pas le regard. L’œuf devient rapidement une chenille jaune à points noirs (photo n° 4), qui se nourrit de l’arbre qui l’abrite. Cette redoutable chenille peut atteindre facilement six centimètres de longueur. Lorsqu’elle a atteint sa maturité elle se transforme en chrysalide et un nouveau papillon va naître au printemps suivant.

Les dégâts causés aux arbres peuvent être considérables (photo n° 5). Ils ne sont pas visibles au premier coup d’œil, mais une espèce de sciure émanant de la galerie peut être repérée au pied de l’arbre hôte. Relativement rapidement on peut constater que l’écorce semble avoir subi le gel en plein été et que cela sonne le creux quand on tape sur l’endroit sec. Il faut alors « nettoyer » l’endroit avec une serpette ou un greffoir, appliquer quelques feuilles de consoude sous un pansement réalisé à base d’argile, de bouse de vache et d’eau, puis protéger par de la gaze ou autre tissu fixé précautionneusement. La cicatrisation peut permettre de ne pas hypothéquer la vie de l’arbre qui a été attaqué (photo n° 6)

Si on s’est rendu compte du problème en amont, il peut être possible de tuer la chenille en introduisant un fil de fer profondément dans la galerie qu’elle a creusée et essayer de « réparer » comme indiqué ci-dessus.

Jacky Brard, pour Vergers de Lozère, le 5 août 2021.

Photos : Jacky Brard, Patrick Maurin, Alexandre Racanière

Observation lors de la visite des vergers d'Alexandre le 25 juillet 2021

Cet article a 3 commentaires

  1. admin5741

    Une belle présentation, merci.
    Une question toutefois, si on ne dispose pas de bouse de vache, ou de consoude, comment peut-on panser autrement la blessure de l’arbre ?

  2. Cécile B

    Article très intéressant. Belles photos.
    Un de mes jeunes pommiers (Barbe d’Ane) avait été attaqué par ce ver en pépinière, mais après traitement (mastic à greffe, je crois) au bout de 4 ans, il semble bien remis. Dommage qu’une si jolie bestiole fasse tant de dégâts.

  3. Jacky Brard

    Pauvre de toi qui n’habite pas la campagne lozérienne ! Ta question me permet de rebondir sur la grande utilité de la bouse de vache fraîche dans la composition du « pralin ». La bouse a des vertus antiseptiques et elle sert de liant au mélange d’argile et eau. Je reviens à ta question pour préciser qu’à défaut de ces produits simples et écologiques, on peut appliquer un goudron de Norvège, après avoir bien nettoyé le contour de la galerie jusqu’à la partie vivante sous l’écorce avec une serpette ou un greffoir dument désinfecté.

Laisser un commentaire